La cause est entendue. Pelleas et Melisande ne sera plus ce conte médiéval étroitement enserré dans les décors de Jusseaume et les pourpoints de Bianchini tels qu’on nous les imposait encore en 1970 à l’Opéra-Cornique… /  There is nothing more to be done. Pelleas et Melisande will no longer be that medieval tale crushed into Jusseaume’s production and Bianchini’s pourpoints as was imposed by the comic opera until 1970…

PV788093-Debussy Pelleas Melisande

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La symbolique elle-même, si astucieusement étudiée au début du siècle, a laissé place à la poésie la plus pure, celle qui n’en finit pas de sourdre entre les mots de Maeterlinck et les notes de Debussy. Bien sûr il faut une histoire – celle qu’on raconte aux enfants – autant qu’il importe de la dépasser, de la transcender, de la rendre à l’intemporel. Ponnelle à Munich, Lavelli à Paris, Strosser à Lyon ont gommé partiellement l’anecdote et exaspéré le mythe. L’essentiel. Il est impossible d’oublier ce que Debussy confiait à Ernest Guiraud en 1889 avant même que Maeterlinck n’ait publié sa pièce. Son poète sera « celui qui, disant les choses à demi, me permettra de greffer mon rêve sur le sien ; qui concevra des personnages dont l’histoire et la demeure ne seront d’aucun temps, d’aucun lieu; qui ne m’imposera pas despotiquement la « scène à faire » et me laissera libre, ici ou là, d’avoir plus d’art que lui et de parachever son ouvrage ( … ). Je rêve de poèmes qui ne me condamnent pas à perpétrer des actes longs, pesants, qui me fournissent des scènes mobiles, diverses par les lieux et le caractère, où les personnages ne discutent pas, mais subissent la vie et le sort ». ·

The symbolic itself was astutely studied at the beginning of the century ; it now gave way to the most purest of poetry which entangles Maeterlinck’s words and Debussy’s notes. Of course you need a story – a story for children – in as much as it is exceeding, transcending, rendered timeless. From Ponnelle in Munich, Lavelli in Paris, Strosser in Lyon, the anecdote has partially been erased and the legend provoked. The essential. lt is impossible to forget the words Debussy confided in Ernest Guiraud in 1889 even before Maeterlinck had published his play. His poet would be « someone who said things by halves, so that I may graft my dream onto his, someone who will conserve the characters who, from nowhere, have no place in time or history ; someone who will not despotically impose a scene but will leave me free to be more artistic than he and to perfect his work ( … ) I dream of poems which do not condemn me for ever to long and heavy acts but pro-vide mobile scenes, diverse in place and character where dramatis personae do not question life and fate but submit themselves to it. »

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