On est toujours embarrassé à la pensée que Schubert et Beethoven furent contemporains. Voisins même, en cette ville de Vienne où I’ un et l’autre menèrent à bien des œuvres si caractéristiques de leur temps et pourtant si différentes. Si différentes que les dimensions prises par le mythe beethovénien allaient reléguer Schubert dans une sorte de pénombre. Mais, n’est-il pas plus gratifiant d’isoler leurs musiques plutôt que les opposer ?… /...There is something unsettling about the fact that Schubert and Beethoven were contemporaries. Not only that, but they were also neighbours, bath living in Vienna, where they composed works that were typical of their time, yet so very different. Sa different, in fact, that the colossal scale of the Beethoven myth relagated Schubert from the limelight. But surely it is much more rewarding ta take their music individually, rather than setting them in opposition?

ARN40700-Scubert Tharaud

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Leur mérite initial ne fut-il pas d’assumer un difficile passage du classicisme haydnien à l’aventure romantique ? Beethoven va s’évertuer à structurer et à bâtir tandis que, sans bruit, Schubert se préoccupera de libérations harmoniques et formelles dont on ne pouvait prévoir I’ issue. À ce point de la comparaison, on peut se demander si le constructivisme résolu de Beethoven ne fut pas, en fin de compte, moins risqué que la quête schubertienne, l’un et l’autre se rejoignant dans l’affirmation d’un discours évolutif (alors que chez Haydn et Mozart, les mouvements sont idéalement équivalents). Dès lors tout les oppose : chez Schubert, l’accent sera mis sur les deux premiers mouvements (il lui arrive même de s’en tenir là : 8ème Symphonie), ensuite de quoi, les deux autres, plus brefs, apparaissent comme des excuses pour ce qui précède et une aimable invitation à réapprécier les normes. Chez Beethoven, au contraire, c’est la péroraison qui tendra à être la plus significative … Il se trouve que jusqu’ à une date récente l’urbanité foncière de Schubert a moins captivé que les injonctions péremptoires de son contemporain … À titres divers les trois types de musiques schubertiennes proposées par ce disque illustrent cette permanente dissemblance.

There is something unsettling about the fact that Schubert and Beethoven were contemporaries. Not only that, but they were also neighbours, bath living in Vienna, where they composed works that were typical of their time, yet so very different. Sa different, in fact, that the colossal scale of the Beethoven myth relagated Schubert from the limelight. But surely it is much more rewarding ta take their music individually, rather than setting them in opposition? Moreover, does not their initial merit lie in the fact that each assumed the difficult task of taking music from the Classicism of Haydn to the great adventure of Romanticism? Beethoven did his utmost to structure and build, while Schubert quietly got on with the task of freeing harmony and form, with an unforeseeable outcame. At this point in the comparison, perhaps we may wonder whether Beethoven’s resolute constructivism was not, all things considered, less hazardous than Schubert’s quest. Moreover, bath composers came together in their affirmation of an evolutive discourse (whereas in Haydn and Mozart, the movements are ideally equivalent). But from then on, they were different in every way: Schubert laid Works from composers’ secret laboratories rarely go down ta posterity.

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