Le voyage en Italie que Haendel entreprit à l’âge de 21 ans prit davantage l’aspect d’une conquête que d’une formation. Entre 1706 et 1710, le jeune Saxon se montra en effet capable de battre sur leur propre terrain les compositeurs romains (la polyphonie luxuriante, voire luxurieuse, des Vêpres des carmélites), napolitains (la mélancolie morbide des cantates de chambre pour Durastanti), florentins (l’opéra historique Rodrigo), vénitiens (l’opéra à clefs, tragi-comique Agrippina), de triompher de son jumeau Scarlatti au clavecin et d’être inscrit, avant l’âge, sur les registres de la prestigieuse Arcadia ! / The period Handel spent in Italy (1706 to 1710) was one of mastery rather than apprenticeship. From the early age of twenty-one, the young Saxon proved that he was capable of matching, and even surpassing, Italian composers on their own ground: in Rome (the luxuriant, sensuous polyphony of the Carmelite Vespers), Naples (the sensitive melancholy of the chamber cantatas he composed for the soprano Margherita Durastanti), Florence (his first Italian opera Rodrigo) and Venice (his tragicomic opera Agrippina)…

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Néanmoins, tout en faisant étalage d’une technique et d’une inspiration déjà époustouflantes, Haendel emmagasina au cours de ces quatre ans une série d’informations, de styles, de procédés, de modes d’expression, de livrets, de mélodies qu’il devait recycler durant les cinquante années suivantes, lesquelles le verraient conquérir, cette fois, l’Angleterre, ce pays qu’on disait « sans musique ». Un demi-siècle après son séjour à Rome ne reprit-il pas la musique et le thème de son premier oratorio, Il Trionfo del Tempo e del Disinganno, pour en faire la matière de son dernier, The Triumph of Time and Truth (1747) ? Et, pour parler d’une œuvre infiniment plus connue, ne remploya-t-il pas dans l’« Halleluja » du Messie (1742) certaines notes tenues déjà confiées aux sopranos de son Dixit Dominus (1707), ou, pour trois choeurs du même oratorio, des motifs venus directement de ses duos italiens ?…

Furthermore, he displayed his outstanding qualities as a harpsichordist and organist in the famous contest with Domenico Scarlatti, and experienced the honour of being admitted to the prestigious Arcadian Academy at an unprecedentedly early age. Handel’s technique and inspiration were already impressive, but the four years he spent in Italy enabled him to gather all sorts of material (styles, methods, librettos, melodies…), on which he was to draw for the next fifty years (during which time he settled in England). Half a century after his stay in Rome, for example, he used his first oratorio, Il Trionfo del Tempo e del Disinganno (1707), as a basis for The Triumph of Time and Truth (1757, his last); the held notes in the soprano parts of his famous Hallelujah Chorus (Messiah, 1742) echo those of the Dixit Dominus of1707, and three choruses from the same oratorio contain motifs that are also to be found in his Italian duets.

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