Le compositeur new-yorkais Elliott Carter, âgé aujourd’hui de quatre-vingt-onze ans, occupe une place majeure et originale dans le paysage musical de cette seconde moitié du XXéme siècle. Foncièrement nord-américain, il peut pourtant être considéré comme un musicien d’esprit européen « solidaire des choix esthétiques développés depuis l’immédiat après-guerre » (Christian Leblé)… / The New-York composer Elliott Carter, now aged ninety-one, holds a major and original position in the music scene of the second half of the twentieth century. Fundamentally North American, he may nevertheless be regarded as European in his outlook as a musician, ‘standing by the aesthetic choices that were developed just after the [Second World] War’ (Christian Leblé)…

Elliott Carter "Musique de Chambre" avec M. Bourgue, A. Cazalet, C. Desert, P. Gallois, M. Lethiec, A. Noras, G. Poulet et A. Wallez

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Les conceptions stylistiques de Carter s’appuient sur la tradition américaine – celle d’Ives, Copland, Ruggles -, tout en intégrant l’influence de Nadia Boulanger auprès de laquelle il étudia, à Paris, vers 1930, dans l’esprit du néoclassicisme de Stravinski et d’Hindemith.  » Lorsque je me suis lancé dans la musique, je me suis surtout intéressé aux œuvres de Schœnberg, Berg et Stravinski que l’on entendait alors à New-York plus souvent qu’aujourd’hui. C’est l’époque où je m’étais lié d’amitié avec Varèse et Ives. Plus tard lorsque j’ai pris davantage conscience de la vie politique et que j’ai commencé à avoir une manière de penser plus radicale, cette musique m’a semblé dépassée, et en 1933-34, au début de la période hitlérienne, quand je me suis mis à étudier avec Nadia Boulanger cet art « moderne », faisait, pour nous, déjà parti du passé ; nous voulions plutôt écrire une musique qui avait quelque chose à voir avec les hommes. Pendant la guerre, j’en suis revenu à mes tout premiers sujets d’intérêt, c’est qu’en plein populisme musical, tout le reste devenait superflu, voire erroné, chimérique et je décidai d’écrire à nouveau ce qui me tenait à cœur » (entretien avec Heinz Holliger en 1990).

Stylistically, Carter’s ideas are based on the American tradition represented by Ives, Copland, Ruggles, whilst incorporating the influence of Nadia Boulanger, with whom he studied in Paris in the early 1930s, returning to America a fluent neo-classicisist in the spirit of Stravinsky and Hindemith. ‘When I first took up music, I was particularly interested in the works of Schoenberg, Berg and Stravinsky – in those days, in New York, they were heard more often than they are now. My friendship with Varèse and Ives dates from that time. Later, when I became more aware of political life and began to adopt a more radical way of thinking, that music seemed to me outmoded, and in 1933-34, at the beginning of the Hitlerian period, when I began to study with Nadio Boulanger, that so-called ‘modern’ art was already a thing of the past for us; we wanted to compose music that had some relevance to mankind. During the war I returned to my original interests: at the height of the populist movement, everything else seemed superfluous, erroneous even, chimerical, and I decided to go back to writing what was close to my heart.

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