Naples fut, avec Venise, Rome et Ferrare, l’un des centres musicaux les plus importants de la péninsule vers 1600. Malgré une production somme toute modérée, il laissa les plus profondes traces dans l’histoire musicale italienne de cette époque par l’idiosyncrasie de son langage et l’aventureuse folie de certains de ses compositeurs : on retrouve ainsi dans la musique la position que Naples s’est acquise à la même époque dans le domaine de la peinture grâce aux inventions magiquement fécondes de ses peintres le plus inspirés… / In about 1600, with Venice, Rome and Ferrara, Naples was one of the most important musical centres in the Italian peninsula. It did not produce many works, yet its idiosyncratic language and bold extravagance left an indelible mark on Italian music of the time. Neapolitan music and Neapolitan painting, with the magically fertile inventions of their most inspired exponents, were then counterparts…

ARN68476-De macques

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L’art d’un Gesualdo par exemple, dont l’expressivité outrée tient à un goût presque maladif pour la déviance, évoque sans doute le ténébrisme des peintres caravagistes contemporains qu’un sentiment morbide poussaient à explorer impitoyablement la laideur pour la dépasser dans une alchimie de contrastes lumineux et de gestes visionnaires. Pour la musique comme pour la peinture, l’esprit de cet art paradoxal a peut-être une partie de ses racines dans les relations étroites qu’entretenaient alors Naples avec l’Espagne : mais la réalité de l’influence espagnole paraît plus manifeste en peinture qu’en musique. En effet, dès la fin du XVIème siècle, Naples a bien existé par soi, grâce à ses grands musiciens, qu’ils soient « invités » comme Giovanni de Macque ou natifs comme plusieurs de ses contemporains et presque tous ses successeurs. Mais ensuite, elle a existé au moins tout autant par son influence ; les explorations harmoniques audacieuses qui y furent conduites, aussi bien que la densité contrapuntique rare d’un style sans concession, ont fécondé des plus importants musiciens du Nord, à commencer par les Ferrarais et le plus prestigieux d’entre eux, Girolamo Frescobaldi.

The art of Gesualdo, for example, whose wild expressiveness stemmed from an almost pathological taste for deviancy, undoubtedly evokes the tenebrous qualities of the paintings of Caravaggio and his followers, who, impelled by a certain morbidity, mercilessly explored ugliness in order to transcend it in an alchemy of contrasts of light and dark and visionary gestures. In both cases, music and painting, the spirit of this paradoxical art is possibly rooted, at least in part, in the close relationship that existed at that time between Naples and Spain: but the reality of the Spanish influence is more obvious in painting than in music. Indeed, from the end of the sixteenth century onwards, Naples existed at its own instigation, through to its great musicians – be they ‘guests’, like Giovanni de Macque, or natives, like several of his contemporaries and almost all of his successors. Subsequently, the city also existed through its influence: the bold harmonic explorations that were conducted there and the rare contrapuntal density of an uncompromising style inspired many of the most important composers of the north, beginning with the Ferrarese composers and the most prestigious of them all, Girolamo Frescobaldi.

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