R. Sch., ou Robert Schumann : l’Hommage à R. Sch. reprend l’effectif des Märchen-erzählungen opus 132, et fait entrer en scène ces trois personnages fictifs créés par Schumann — Eusebius, Florestan et Maestro Raro — que Kurtág avait déjà convoqués dans plusieurs scènes de ses propres Kafka-Fragmente… / Hommage à R. Sch., opus 15d, (i.e. Robert Schumann) uses the same instruments as Märchenerzählungen, opus 132, and features the three fictive characters created by Schumann—Eusebius, Florestan and Maestro Raro—who had already featured prominently in several scenes from Kurtág’s Kafka Fragmente…

ARN68414-Ligeti

Cliquez ici pour écouter, acheter ou télécharger


L’opus 15d s’articule en six mouvements d’une longueur croissante. Le premier, qui s’ouvre sur un geste typiquement schumannien à la clarinette, renvoie aux Kreisleriana par son sous-titre : « Pirouettes remarquables du maître de chapelle Johannes Kreisler ». Le second (« E[usebius] : der begrenzte Kreis ») fait allusion à la fois à Eusebius et à l’une des pièces des Kafka-Fragmente de Kurtág, dont les paroles sont muettement inscrites sous la ligne de la clarinette. Le « Feroce, agitato » du troisième mouvement est placé sous le signe de Florestan. Le quatrième — « Calmo, scorrevole » — est un « fragment de fragment » qui s’enchaîne directement au cinquième, un « Presto » nocturne (« In der Nacht »), tout en mouvements perpétuels. L’Adieu final (« Abschied ») est un « Adagio, poco andante » construit sur le principe de l’isorythmie caractéristique de la musique d’un Guillaume de Machaut, comme l’indique avec humour le sous-titre « Maestro Raro découvre Guillaume de Machaut ». Le dernier mot est à la grosse caisse, jouée par le clarinettiste, qui clôt l’œuvre d’un coup pesant, pianissimo.

Opus 15d is in six movements of increasing length. The first one, which begins with a typically Schumannian gesture on the clarinet, is reminiscent of Kreisleriana in its subtitle: ‘Remarkable pirouettes from the Kapellmeister Johannes Kreisler’. The second one, ‘E[usebius]: der begrenzte Kreis’, refers both to Eusebius and to one of the pieces from Kurtág’s Kafka-Fragmente, the words of which (not to be sung) are written beneath the clarinet line. The ‘Feroce, agitato’ of the third movement is devoted to Florestan. The fourth movement, ‘Calmo scorrevole’, is a ‘fragment of a fragment’ leading directly into the fifth, a ‘Presto’ (‘In der Nacht’), in per-petual motion. The final ‘Abschied’ (Farewell) is an ‘Adagio, poco andante’ based on iso-rhythmics, a principle applied in the melodic themes of music by Guillaume de Machaut, as is indicated by the amusing subtitle ‘Maestro Raro discovers Guillaume de Machaut’. The bass drum, played by the clarinettist, has the last word, bringing the work to an end with a heavy blow, pianissimo.

N’hésitez pas à nous contacter pour nous demander le livret intégral / Do not hesitate to contact us to ask for the full booklet