A la mort de Louis XIV en 1715 il existe trois cents enseignes de lieux publics où l’on peut boire. Le nouveau maître du royaume, Philippe D’Orléans, est un épicurien réputé qui va pendant la brève durée de son gouvernement bouleverser soixante années d’un conditionnement sans équivalent en France. Il est lui-même un homme de vaste culture, assez habile compositeur, et dont la protection envers les musiciens tel que Charles-Hubert Gervais est restée célèbre… / At the death of Louis XIV in 1715, there existed three thousand public places where one could drink. The new master of the kingdom, Philippe d’Orléans, was a reputed Epicurean who, during the brief duration of his government, was going to overthrow sixty years of a conditioning without equivalent in France. He was himself a vastly cultivated man and a fairly skilful composer, and his patronage of musicians such as Charles-Hubert Gervais has remained famous…
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Des expressions artistiques jusque-là perçues comme subalternes vont éclore et témoigneront du bonheur presque onirique qui s’empare des Français. La France veut s’encanailler et l’exemple vient de très haut. Le rigorisme cède à la licence qui n’ira qu’en s’amplifiant pendant le futur règne.
Dans ce contexte, la chanson prendra une place prééminente parce que, nous semble-t-il, c’est la forme qui correspond le mieux à cet esprit d’insouciance généralisée. Certes, l’ancien air de cour est toujours en vogue mais la parution des Airs à deux parties de La Barre en 1699, a ébranlé l’esthétique représentée par Lambert et ses prédécesseurs. Le public est tellement friand de la chanson que, dès 1694, Ballard commence la publication mensuelle des Airs sérieux et à boire ; publication qui durera près de trente années consécutives !
Le nom générique d’airs à boire couvre, en réalité, plusieurs genres comme Ronde de table, Vaudeville, Branle de village, Chanson à danser en Rond, Duo à boire, etc., et montre un intérêt grandissant pour un certain art de vivre qui se détourne du faste pour embrasser la simplicité. L’autre grand changement est le retour du burlesque et du comique grivois tant décrié par Despréaux, qui fera les délices du parterre jusqu’à la Révolution. Les artistes tels que Piron, Panard (surnommé par Marmontel, La Fontaine du vaudeville) ou Collé, ont hissé la chanson dans des hauteurs difficilement égalées, et prouvé que ceci est un genre essentiellement français.

Forms of artistic expression that had, until then, been considered secondary, would bloom and attest to the almost dreamlike happiness that took hold of the French. France was in the mood to ‘slum it’and the example came from on high. Rigour gave way to licence that would only increase during the reign to come.
In this context, the song would occupy a pre-eminent place because, it seems to us, it was the form that most closely corresponded to this widespread carefree spirit. Granted, the old courtly air was still in fashion, but the publication of La Barre’s Airs à deux parties in 1699 shook the aesthetic represented by Lambert and his predecessors. The public was so fond of the song that, beginning in 1694, Ballard began to publish, on a monthly basis, Airs sérieux et à boire (‘Serious and Drinking Songs’), and this would continue for thirty years!

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