Le grand compositeur russe Dimitri Chostakovitch (1906-1975) se caractérise par un enracinement dans l’environnement politique, social et culturel de son époque, plus profond que celui de la plupart des musiciens de tous les temps. En tant que compositeur, il était si intimement attaché à la Russie que l’on a peine à imaginer son talent s’épanouir hors des frontières de sa patrie… / The life of the great Russian composer Dmitry Shostakovich (1906-1975) was more deeply rooted in the political, social and cultural environment of his day than that of most musicians, of any period. As a composer, he was so closely attached to Russia that it is hard to imagine that his talent could have flourished outside his native land.

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À cet égard, il se distinguait fondamentalement d’Igor Stravinsky ou de Serge Prokofiev, capables de vivre et de travailler aussi bien en Occident qu’en Russie, à la condition d’y trouver des esprits susceptibles d’apprécier leur musique. Au contraire, presque toutes les œuvres majeures de Chostakovitch ont été écrites en réaction à des événements survenus dans son pays. Ce n’est pas sans raison qu’il a été qualifié de « chroniqueur de son époque » : il suffit, pour s’en convaincre, de songer aux œuvres qu’il a composées pour des occasions précises, comme la Deuxième Symphonie « dédiée à Octobre », destinée aux cérémonies du dixième anniversaire de la Révolution, ou encore Le Chant des forêts, un oratorio sur le reboisement des friches, qui appuyait les directives staliniennes sur la transformation de la nature. Le contenu programmatique émotionnel de beaucoup d’autres œuvres est nettement plus important et tout à fait tangible, bien qu’évidemment plus difficile à décrire. En celà, Chostakovitch se situait dans le droit fil de la tradition russe, que reflètent les œuvres de nombreux compositeurs, surtout celles de Modeste Moussorgski, Piotr Tchaïkovski et Serge Rachmaninov. Depuis des générations, les mélomanes russes étaient habitués à entendre de la musique chargée d’une puissante affectivité. Aussi ne faut-il pas s’étonner de la grande compréhension que rencontra rapidement l’œuvre de Chostakovitch auprès de ses auditeurs, en dépit de sa complexité et de son modernisme indéniable.

In this respect, he was fundamentally different from Igor Stravinsky or Sergey Prokofiev, both of whom were able to live and work both in the West and in Russia, so long as they found minds that were capable of appreciating their music. Almost all of Shostakovich’s major works were written in reaction to events that took place in his own country and, understandably, he has been described as a ‘chronicler of his time’. We only have to think of the works he composed for specific occasions. His Second Symphony (‘To October’), for example, was written for the tenth anniversary of the October Revolution, and Song of the forests, an oratorio about the reforestation of fallow, supported Stalin’s directives on the transformation of nature. The emotional, programmatic content of many other works is clearly more important and quite tangible, though, of course, more difficult to describe. In this, Shostakovich was in line with Russian tradition, as reflected in the works of many composers, especially those of Mussorgsky, Tchaikovsky and Rachmaninov. For generations, Russian music-lovers had been accustomed to hearing music with a potent emotional content. It is hardly surprising, therefore, that, despite their complexity and undeniable modernity, Shostakovich’s works met so readily with such great understanding from his audiences.

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