Chopin a composé des nocturnes durant toute sa carrière. Le plus ancien, le Nocturne en mi mineur op.72 remonte à l’année 1827. Chopin, âgé de dix-sept ans, terminait alors ses études au Conservatoire de Varsovie. Les derniers, les deux Nocturnes de l’op.62 furent composés en 1846, trois ans avant sa mort. Quant au Nocturne en ut # mineur, sans numéro d’opus, il s’agit d’une page de jeunesse écrite en 1830 : c’est la sœur de Chopin qui donna à ce « Lento con gran espressione » le titre de Nocturne… / Chopin’s nocturnes spanned the whole of his career. The earliest, the Nocturne in E minor Opus 72, was composed in 1827 when Chopin, aged seventeen, was still a student at the Warsaw Conservatory, and the last two, Opus 62, were written in 1846, three years before the composer’s death. As for the Nocturne in C sharp minor (no opus number), originally entitled ‘Lento con gran espressione’, it is an early work (1830), and it was Chopin’s sister who gave it the title Nocturne.

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Le terme « nocturne » déjà utilisé au XVIIIème siècle, désignait à cette époque une pièce instrumentale ou vocale, proche du divertissement. Mozart et Haydn ont écrit des morceaux de ce genre. La paternité du nocturne pour piano revient, selon la tradition, au pianiste irlandais John Field (1782-1837), élève et ami de Clementi, instigateur d’un style pianistique original plein de finesse, de sensibilité et de charme mélancolique. On a souvent comparé Field et Chopin, mais si l’Irlandais maîtrisait un toucher expressif, délicat et léger, qu’il avait développé au contact des pianos construits à Londres par Clementi (qui l’employa un temps en qualité de démonstrateur), il ne possédait pas la virtuosité transcendante de Chopin. Célèbre à l’époque pour son art de jouer cantabile, c’est-à-dire dans un style proche de la cantilène italienne, Field écrivit son premier nocturne en 1812 et le dernier en 1835 : ce sont des pièces expressives, sortes de libres méditations tendres, rêveuses et élégantes, « comme il n’y en a pas deux en manière de goût et de délicatesse dans les nuances du toucher », disait Hans von Bülow. Chopin connaissait fort bien ces œuvres, les jouait en les ornementant et les faisait travailler à ses élèves.

The French word ‘nocturne’, referring to an instrumental or vocal piece similar to a divertimento, was already in use in the eighteenth century. Both Mozart and Haydn wrote such pieces. Tradition has it, however, that the father of the piano nocturne was the Irish pianist and composer John Field (1782-1837). The latter, a pupil and friend of Clementi, was the inventor of a piano style that differed radically from the prevailing virtuosic mode: a style marked by finesse, artistic sensitivity and a melancholy charm. Field and Chopin have often been compared, but although the Irishman was noted for the expressiveness, lightness and delicacy of touch he had gained from working on the pianos built by Clementi in London (for a time he worked as a salesman-demonstrator in Clementi’s piano warehouse there), he did not have Chopin’s transcendent virtuosity. Famed in his day for his cantabile playing (i.e. in a lyrical, singing style), Field composed his first nocturne in 1812 and his last in 1835. These pieces are free, expressive and meditative, tender, dreamy and elegant, and, as Hans von Bülow remarked, ‘incomparable in their taste and in the delicacy of the colours obtained by his touch on the keys’. Chopin was very familiar with these works; he himself would play them with ornamentation, and he got his pupils to work on them.

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