EXORDIUM : “EXECUTIO ANIMA COMPOSITIONIS” – Le 11 mars 1829, soit un siècle jour pour jour après sa création, la Passion selon Saint Matthieu de J.S. Bach était de nouveau révélée au grand public, à la Thomaskirche de Leipzig, sous la direction de Félix Mendelssohn. Quelque temps auparavant, celui-ci avait également présenté au public de Leipzig les concertos pour trois clavecins, interprétés aux pianos, avec, entre autres, Clara Wieck… / On 11 March 1829, exactly a hundred years to the day after its first performance, J.S. Bach’s St Matthew Passion was once again revealed to the general public, at the Thomaskirche in Leipzig, with Felix Mendelssohn conducting. Some time earlier, the latter had also presented the Concer-tos for three harpsichords in the same city, with pianos replacing the harpsichords, and artists including Clara Wieck.

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Le musicien du XXe siècle a du mal à se représenter l’audace et la volonté extraordinaires que nécessitait une telle entreprise. L’intérêt pour la musique non contemporaine, celle des siècles passés, n’était alors le fait que de rares musicologues, qui ne connaissaient ces œuvres qu’au travers de la lecture et de l’écoute intérieure. Aucun chef d’orchestre n’osait en ce temps proposer dans ses programmes d’interpréter une œuvre musicale vieille de plus de trente ans. Nous ne pouvons oublier que la démarche entreprise par Mendelssohn s’est développée au point que de nos jours l’instrumentiste voyage couramment au travers de plus de trois siècles de musique. L’espace des générations, l’évolution des sociétés et l’honnêteté artistique nous obligent, lorsque nous nous découvrons un lien particulier avec la musique d’un compositeur du passé, à rechercher tous les éléments qui peuvent nous rapprocher des intentions musicales de ce compositeur. En 1753, C.P.E. Bach lui-même écrivait à ce propos : « Dans ce […] cas, il [l’instrumentiste] doit savoir éprouver les mêmes passions que le compositeur de cette pièce étrangère à l’instant où il l’écrivait. »

It is hard for modern musicians to imagine the extraordinary audacity and determination that were required for such a venture. Few musicologists at that time took an interest in non-contemporary music, the music of the past, and the works they knew were familiar to them not from actual performance but from reading the scores and listening to them in their heads. No conductor ever dared present a programme containing a musical work that was more than thirty years old. We cannot forget the importance of Mendelssohn’s initiative, resulting in the fact that it is now common practice for instrumentalists to perform music spanning more than three centuries. Over the years societies have changed, different generations have had different interpretations; when we discover an affinity for the music of a composer of the past, we are therefore prompted by questions of artistic integrity to seek out all the elements that will enable us to get closer to the composer’s original musical intentions. C.P.E. Bach himself wrote on this subject in 1753: ‘In that case, he [the instrumentalist] must be able to experience the same passions as those felt by the composer when he was actually writing the piece.’

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