La vogue des castrats en Italie aux XVIIe et XVIIIe siècles reste l’un des phénomènes les plus fascinants de l’histoire de la musique. Ces « incommodés », comme les décrivait Jean-Jacques Rousseau, ont suscité un engouement extraordinaire dans la péninsule après que le Vatican eut admis leur entrée dans les chœurs de la Chapelle pontificale, les voix de femmes étant interdites à l’église afin de ne pas éveiller des pensées « impures » au sein de l’assemblée des fidèles.

The seventeenth- and eighteenth-century vogue for castratos in Italy is one of the most fascinating phenomena in musical history. The Vatican admitted castratos into the Sistine Choir towards the end of the sixteenth century (women’s voices were banned in church for fear of arousing ‘impure’ thoughts in the congregation). From then on such voices became highly popular in the peninsula.

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L’immense renommée des castrats a rapidement franchi les frontières de la péninsule, où, selon un chirurgien français, c’était « l’amour de la musique » qui en avait introduit l’usage. La France de Louis XIV et de Rousseau se montra plus réservée à l’égard de ces chanteurs qui se produisirent surtout à la Chapelle royale et au Concert spirituel, tandis qu’à l’Opéra on faisait appel de préférence à des voix de haute-contre, traditionnellement françaises. Pour Jean-Jacques Rousseau, les castrats, victimes d’un « infâme usage », étaient des « estropiés » qui chantaient « sans chaleur et sans passion », leur voix ne pouvant égaler les voix de femmes incomparables « pour la beauté du timbre ».

The castratos’ renown soon spread beyond Italy, where, according to one French surgeon, ‘love of music’ was the reason for their existence. France, at the time of Louis XIV then of Jean-Jacques Rousseau, was more doubtful. Such singers appeared mainly at the Chapelle Royale and the Concert Spirituel, while the Opéra preferred to use the traditionally French haute-contre (countertenor) voices. For Jean-Jacques Rousseau, castratos were ‘disabled’, the victims of a ‘loathsome practice’; their singing was ‘without warmth and without passion’, and women’s voices, incomparable ‘in the beauty of their timbre’, were by far superior.

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