Johannes Brahms possédait de naissance le goût de l’ordre et de la rigueur issu des polyphonistes allemands de la Renaissance et de l’héritage spirituel de Jean-Sébastien Bach. Né en 1833 dans le vieux quartier médiéval de Hambourg, il devait être marqué toute sa vie par l’atmosphère brumeuse et nostalgique de l’Allemagne du Nord, avec ses teintes automnales. Après son établissement à Vienne en septembre 1862, la riante influence du folklore viennois, les valses de Johann Strauss – dont il était l’ami – apportèrent à sa musique ce sens de la couleur, de la transparence et de la fluidité qui la rend immédiatement reconnaissable… / 1833. The misty, nostalgic atmosphere of northern Germany and its autumnal tints were to make a lasting impression on him. After his move to Vienna in September 1862, the bright influence of Viennese folk music and the waltzes of his friend Johann Strauss brought to his music the colour, transparency and fluidity by which it is immediately recognisable…

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Pourtant, son penchant naturel l’entraîne plutôt vers la musique pure, vers l’expression intime : dans des cadres en apparence formels, tout en lui “ vient du cœur et aspire à l’y rejoindre ”. Méditatif mais d’une sensualité secrète et somptueuse, envoûté par les tziganes, attiré par le soleil d’Italie, il n’a pas été immédiatement compris en France. Il fête à présent un triomphe sans partage : son audacieuse écriture “ par la libération totale du langage musical ” a même été pressentie par Arnold Schoenberg dans son étude “ Brahms le Progressiste ” (1). À l’instar de Gabriel Fauré – pourtant si différent d’esprit – il dissimule en fait ses audaces par une apparence formelle très classique et ne livre sa douleur et ses interrogations qu’à travers le masque de la perfection. L’affirmation selon laquelle : “ si nous ne pouvons écrire aussi remarquablement que Mozart et Haydn, écrivons au moins avec autant de pureté ” – s’applique à ses vingt-cinq œuvres de musique de chambre tellement abouties, et tout particulièrement à ses trois Sonates pour violon et piano où il donne le meilleur de son inspiration.

Yet he had a natural penchant for pure music, intimate expression: within apparently formal structures, everything ‘came from, and aspired to return to, the heart’. Contemplative, but possessing a rich and secret sensuality, fascinated by gypsy music, drawn to the sunny climes of Italy, Brahms was not immediately understood in France. He now enjoys an unmitigated triumph: his bold style, ‘totally liberating the language of music’, was noted by Arnold Schoenberg (1). Like Gabriel Fauré (whose music is nevertheless very different in spirit), he concealed his audacity beneath a very classical formal façade and his sufferings and questionings beneath the mask of perfection. ‘If we cannot compose as outstandingly as Mozart and Haydn, let us at least compose with as much purity’: purity is indeed the most remarkable quality of Brahms’s twenty-five very accomplished chamber works, especially his three Violin Sonatas, in which he shows his finest inspiration.

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