Le mythe de Roméo et Juliette est certainement celui qui a inspiré le plus souvent la création artistique toutes disciplines confondues. Avant même que ne se forge la légende des amants de Vérone, la tragédie antique de Pyrame et Thisbée, par exemple, était une première illustration de cette union de l’Eros et de la Mort où la fatalité prend la forme d’un quiproquo, d’un stupide décalage dans le temps, d’un rendez-vous d’amoureux manqué, en quelque sorte… / The legend of Romeo and Juliet must be that which has most often inspired artistic creation, across all the disciplines. Even before the story of the lovers of Verona was fashioned, the ancient tragedy of Pyramus and Thisbe was one of the first examples of this union of Eros and death, where fate is determined by a misunderstanding, an arbitrary discrepancy in timing, a vital meeting that does not take place…

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On ne peut compter le nombre d’œuvres d’art élaborées sur ce schéma dramatique parfaitement intemporel et donc moderne à toute époque. Shakespeare lui donna sa forme la plus accomplie et une portée totalement universelle, mais la danse, curieusement, ne s’y intéressa avec passion qu’au XXème siècle. On ne connait guère, auparavant, que trois versions chorégraphiques de l’histoire, l’une en 1785 à Venise, pantomime Eusebio Luzzi sur une musique de Luigi Marescaldi, l’autre à Moscou en 1809, signée en cinq actes par Ivan Valbergh d’après l’opéra de Daniel Steibelt, la troisième enfin, de Vincenzo Galeotti à Copenhague en 1811 sur une musique de Klaus Nielsen Schall. Il faudra ensuite attendre 1926, soit plus d’un siècle pour que soit créé un nouveau Roméo et Juliette, en l’occurence celui, très original, de Nijinska pour les Ballets Russes, sur une partition de Constant Lambert, avec Serge Lifar et Karsavina dans les rôles principaux. Mais c’est en 1938 avec la partition de Prokofiev que le mythe fait sa grande entrée dans le monde de la danse. Sur cette musique, plus de cinquante chorégraphies différentes ont été imaginées jusqu’à ce jour. Les poèmes symphoniques de Tchaikovski et ceux de Berlioz en ayant inspiré chacun une dizaine et une dizaine encore d’autres versions se répartissant sur d’autres musiques originales, plus de quatre-vingt Roméo et Juliette dansés auront donc connu les feux de la rampe en soixante-dix ans, soit plus d’un par an !

It would be difficult to count the number of works of art based on this timeless dramatic scheme, whose concerns appear modern in any era. Shakespeare gave it the most accomplished and universal form, but dance, curiously enough, did not give much attention to the tale until the twentieth century. Only three danced versions are known prior to this time: in 1785, in Venice, by the mime Eusebio Luzzi, to music by Luigi Marescaldi; in 1809, in Moscow, a five act work by Ivan Valbergh, based on the opera by Daniel Steibelt; and in 1811, in Copenhagen, by Vincenzo Galeotti, to music by Klaus Nielsen Schall. Thereafter, over a century passed before a new Romeo and Juliet was created—an extremely original version by Bronislava Nijinska for the Ballets Russes, to music by Constant Lambert, with Serge Lifar and Tamara Karsavina in the principal roles. It was in 1938, however, with Prokofiev’s score, that the myth made its grand entry into the world of dance. More than fifty ballets have since been choreographed to this music. In addition, the symphonic poems by Tchaikovsky and Berlioz have each inspired around a dozen versions, and another dozen have used original music. In total, more than eighty choreographic versions of Romeo and Juliet have seen the stage over the last seventy years—more than one production per year!


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