Camille Saint-Saëns pensait que ce serait davantage à ses œuvres religieuses qu’à ses ouvrages de théâtre que Charles Gounod devrait de passer à la postérité. Cette opinion semble être démentie aujourd’hui par le regain d’intérêt qui agit en faveur des opéras du musicien, aussi bien que par la réforme de la liturgie catholique qui tend à rejeter dans l’ombre, pour jamais, celles de ses messes qui sont le fruit d’un effort de restauration de la fonction liturgique de la musique. / Camille Saint-Saens thought that Charles Gounod would be remembered by posterity more for his religious music than his works for the theatre. This opinion seems mistaken today in view of the renewed interest in the composer’s operas, and because of the reform of the Catholic liturgy which tends to cast a shadow, for ever, over those of his masses which were the fruit of his attempts to revive the liturgical function of music. 

ARN48239 Gounod Chorale Caecilia

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Toutefois, le jugement de Saint-Saëns peut être le point de départ d’une réflexion esthétique sur l’art de Gounod. Ce que Saint-Saëns était susceptible d’apprécier dans la musique d’église de son aîné est assurément ce qui peut nous retenir encore : concision du développement musical adapté à la fonction liturgique, recherche d’intégration de la modalité à un style spécifiquement religieux, habileté indéniable à manier les masses chorales en vue d’exécutions dans des lieux vastes et réverbérants, volonté de supprimer à la messe et à l’oratorio tout caractère théâtral. À cela, il faudrait ajouter ce que, de leur côté, les deux oratorios Rédemption (1882) et Mors et vita (1885) apportent de positif à l’illustration de l’esthétique de la musique sacrée de Gounod et à celle de son temps.

However, the judgement of Saint-Saens can serve as a starting point for a stylistic study of Gounod’s art. What Saint-Saens was capable of appreciating in the church music of his elder can surely still be of interest to us : conciseness of musical development adapted to the liturgical office, an attempt to integrate modality into a specifically religious style, an undeniable skill in handling the choral forces with an eye to performances in vast echoing places, and a desire to reject theatrical features in the mass and oratorio. To this we should add the contribution of the two oratorios Redemption (1882) and Mors et vita (1885) towards a positive illustration of Gounod’s church music style and that of his times.

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