Peu d’œuvres assurément ont suscité autant de commentaires, autant de légendes, enflammé autant d’imagination que le Requiem de Mozart… Tour à tour, musicologues, écrivains, cinéastes s’en sont emparés pour révéler une certitude qui n’appartient finalement qu’à eux seuls. En fait, la rareté même des éléments sûrs n’est pas pour rien dans cette aura qui défie presque toutes les vérités et c’est ainsi que l’œuvre en arrive à devenir un mystère sans cesse réinventé, sans cesse réincarné…

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Quelle soit la dernière œuvre du musicien — symbole s’il en est, comme s’il l’avait écrite pour lui… — ; qu’elle soit demeurée inachevée, ajoute encore à son étrange auréole, Mozart ayant quitté la terre en emmenant dans la tombe les ultimes mesures, à jamais évanouies… Mais il y a aussi ce fameux messager vêtu de noir, qui, aurait dit Musset, lui ressemblait comme un frère et dont l’allure mystérieuse, les rendez-vous nocturnes accentuent encore notre inquiétude… En fait, et débarrassée de ses oripeaux dignes davantage de la presse du cœur que d’une incontestable réalité historique, la vérité s’écrit en quelques lignes, évidemment moins magiques que la légende… En juillet 1791, un homme, effectivement vêtu de noir, vient trouver le compositeur. Cet intendant du Comte Walsegg propose un marché au musicien, dont les termes seront confirmés devant notaire : le Comte, mélomane et veuf depuis peu, désire offrir une messe des morts à son épouse défunte. Messe qui doit demeurer anonyme (Mozart se voit même interdire d’en prendre copie) peut-être pour exciter la curiosité et la sagacité des futurs auditeurs ; peut-être aussi parce que le Comte Walsegg voulait s’en attribuer la paternité… Dans la misère morale, physique et matérielle où il se trouve, Mozart accepte. Pour cent ducats. Voire seulement cinquante… on ne sait pas très bien… En écrivant ce chant funèbre qu’il veut ne point laisser ”imparfait”, Mozart montre sa noble exigence, vis-à-vis de lui-même comme de son public. Mais même inachevé (et peut-être, en raison même de cet inachèvement) le Requiem en devient du même coup plus émouvant, plus terrible encore… Car c’est un chant de larmes, de terreur mais aussi de foi, d’espérance et d’amour. Mozart n’a jamais regardé le Camarade avec crainte ou violence. Dès son plus jeune âge (et ses lettres nous le prouvent) il ne s’endort jamais le soir sans songer que, le lendemain matin, il pourrait bien ne plus exister. Ainsi fera également Schubert… Et cette vision de la mort regardée en face, presque domestiquée, donne à leur œuvre que l’on ne retrouve ni chez Gilles ou Campra et Gossec avant lui, ni chez Berlioz ou Verdi après lui. En fait, Mozart nous livre son ultime message de musicien et de chrétien devant ce ”passage obligé” qui nous mène… où ?…

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