C’est dans la maturité de sa trentième année que Beethoven s’engagea réellement dans la voie de la symphonie. A titre de comparaison, en 1788, trois ans avant sa mort, Mozart, âgé de trente-deux ans, avait déjà signé ses quarante-et-une symphonies. / It was not until Beethoven had reached the maturity of his thirtieth year that he truly committed himself to the symphony. By way of comparison let us recall that, in 1788, three years before his death, Mozart, aged thirty-two, had already written his forty-one numbered symphonies.

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Le 2 avril 1800, Beethoven dirigea lui-même le concert organisé à son bénéfice dans le cadre du National Hoftheater de Vienne, au cours duquel fut créée sa Première Symphonie en ut majeur et son Septuor op.20. Dédiée au directeur de la bibliothèque impériale, le baron Gottfried van Swieten, ami de Mozart et de Haydn, passionné par Bach et Haendel, et compositeur à ses heures, la nouvelle symphonie fut publiée en parties séparées à Leipzig en 1801 au Bureau du musique sous le titre de « Grande Sinfonie pour deux violons, viole, violoncelle et basse, deux flûtes, deux oboes, deux cors, deux bassons, deux clarinettes, deux trompettes et timbales ». L’orchestre était donc le même que celui utilisé par Haydn. L’audition de l’oeuvre suscita des commentaires partagés. L’Allgemeine Musikalische Zeitung y remarqua « beaucoup d’art, de nouveauté et une grande richesse d’idées. Nous noterons toutefois l’usage trop fréquent des instruments à vent : il en résulte que la symphonie est plutôt une pièce d’harmonie qu’une oeuvre vraiment orchestrale » ; ailleurs, on parla d' »explosions confuses de la présomption effrontée d’un jeune homme », alors qu’un autre commentateur évoquait « une magistrale production. Tous les instruments y sont excellemment employés, recélant une extraordinaire richesses d’idées aimables, employées avec une netteté parfaite, ordre et lucidité ». Berlioz trouva d’abord qu’il n’y avait musicalement parlant rien de neuf dans la partition et peu d’idées poétiques, mais il reconnut plus tard que l’oeuvre était conçue « dans des proportions qui, à notre avis, plaçaient déjà l’auteur au premier rang de ce genre à côté de Mozart et peut-être au-dessus de Haydn », ce que Marcel Landowski résuma ainsi :  » (Cette symphonie) n’est pas tout à fait Mozart et (…) n’est pas encore Beethoven ».

On 2 April 1800, Beethoven himself conducted the concert organised for his benefit in the framework of Vienna’s National Hoftheater, in the course of which were given the first performances of his Symphony No.1 in C major and Septet, Op.20. Dedicated to the director of the Imperial Library, Baron Gottfried van Swieten, friend of Mozart and Haydn, a great admirer of Bach and Handel and amateur composer, the orchestral parts of the new symphony were published in Leipzig in 1801 by the Bureau of Music, bearing the title ‘Grande Sinfonie for two violins, violas, cello and bass, two flutes, two oboes, two horns, two bassoons, two clarinets, two trumpets and kettledrums’. The orchestra was thus the same as used by Haydn. The premiere gave rise to mixed reviews. The Allgemeine Musikalische Zeitung noted ‘much art, novelty and a great wealth of ideas. We shall, however, point out the overly frequent use of wind instruments: from this results the fact that the symphony is a piece for wind ensemble rather than being truly orchestral.’ Elsewhere, one spoke of the ‘confused explosions of a young man’s impudent presumption’, whereas another reviewer mentioned a ‘masterful production. In it, all the instruments are excellently used, concealing an extraordinary wealth of pleasant ideas, put forth with perfect clearness, order and lucidity’. Berlioz initially found that, musically speaking, there was nothing new in the score and few poetic ideas, but later acknowledged that the work was conceived ‘in proportions which, in our opinion, already place the composer in the forefront of this genre alongside Mozart and perhaps above Haydn’. Marcel Landowski summed it up as follows: ‘[This symphony] is not completely Mozart and […] not yet Beethoven.’

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