Mes plus jeunes années ont été bercées par le violoncelle de mon Grand-Père, que ce dernier appelait Joséphine. Certes, Joséphine grinçait un peu, et sa justesse était aléatoire ; mais, par elle, j’étais familiarisé avec son répertoire, qui allait de Boccherini à Debussy, alors que je n’avais que 12 ans / My eariest years were spent with the sound of my Grandfather’s Cello in myears ; he called her Joséphine . Admittedly, Joséphine scraped a little, and her accuracy was uncertain ; but, through her, I became familiar with her repertory, which went from Boccherini to Debussy, and I was not  yet twelve at the time.       Jean Françaix

Jean Françaix - Pièces pour Orchestre, Fantaisie pour violoncelle et Scuola di celli par l'Orchestre de Bretagne dirigé par Jean Françaix et Henri Demarquette au violoncelle

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…Depuis ces temps lointains, prédilection pour le violoncelle est demeurée intacte ; et Maurice Gendron m’en a révélé tous les secrets. C’est lui qui, un jour faste, a amené chez moi Henri Demarquette, son ultime disciple. Et par un enchaînement providentiel, dont Sir Yehudi Menuhin fut un maillon majeur, il fut décidé de faire un compact de l’intégrale de mes Œuvres pour violoncelle à l’exception de mon « Aubade », déjà enregistrée par les douze violoncellistes de Philharmonie de Berlin. C’est encore Maurice Gendron qui a réussi à faire entrer dans son violoncelle des fragments de ma musique de Ballet ; et si habilement qu’on jurerait que c’en est la version originale. Nous ajoutâmes à ma « Fantaisie » des cadences élaborées dans les trains, au cours d’une tournée au Portugal ; au grand étonnement des voyageurs. Quant à mes « Variations de Concerts », je les ai composées tout seul comme un grand, en entraînant l’exécutant dans des difficultés qui eussent fortement inquiété Joséphine, mais pas le moins du monde Henri Demarquette, qui qui les joue avec un calme si, olympien qu’elles semblent faciles. De sorte qu’en les écoutant, on dira encore que j’ai fait de la musique facile ; mais c’est calomnie pure, croyez-le bien. Le présent disque n’a pas été enregistré en studio mais directement en Concert, gagnant en spontaneité ce que n’a pas toujours « la musique en conserve ». On pourra chipoter sur la prise de certains virages de ma « Scuola di celli » ; mais l’allure générale en est excellente, encore que les transports en commun soient les plus dangereux. Quant à l’Orchestre de Rennes, cela a été pour moi un vrai plaisir que de travailler avec les jeunes artistes qui le composent. Ils sont plein d’allant…et de talent…

…Since those far-off-days, my partiality for the cello has remained intact ; and Maurice Gendron revealed all its secrets to me. It was he who, one lucky day, brought Henri Demarquette, his last disciple, to see me. And by a providential chain of events, in which Sir Yehudi Menuhin was one of the major links, it was decided to bring out a « compact » of my complete Works for Cello – with the exception of « Aubade », which had already been recorded by the twelve cellists of the Berlin Philharmonic. It was again Maurice Gendron who managed to adapt passages from my Ballet music for his cello ; and he did it so cleverly that one would swear it was the original version. We added Cadences to my « Fantaisie », working them out on our train journeys, during a Tour of Portugal – to the great astonishment of the other passengers. As for my « Variations de Concerts », I composed them all on my own, setting the performer difficulties that would have seriously worried Joséphine, but they did not bother Henri Demarquette in the slightest ; he plays them with such an Olympian calm that one would think they were easy. So much so that, when they listen to them, people will say, once again, that , I write « easy music » ; but that is pure calumny, belive me ! This disc was not recorded in the sudio, but live, during a concert, thus gaining in spontaneity – a quality that is sometimes lacking in « Canned music ». One might quibble over the way certain bends are negotiated in my « Scuola di Celli » ; but the general pace is excellent, despite the dangers of public transport. It was a great pleasure for me to work with the youngest artists of the Orchestre de Rennes. They are not only full of energy, but also very talented.            Jean Françaix, translated by Mary Pardoe

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