Le 30 septembre 1853, Robert et Clara Schumann reçurent à Düsseldorf un musicien de vingt ans : Johannes Brahms, venu de Hambourg, sur la recommandation de son ami le violoniste Joseph Joachim. Brahms était loin d’ignorer les œuvres de Schumann et il avait eu l’opportunité d’écouter Clara, pianiste de renom, interpréter le répertoire de son mari lors d’un concert en 1850. L’accueil des Schumann est enthousiaste. Le lendemain, Robert note dans son journal intime : « Visite de Brahms : un génie ! ». Il songe aussitôt à faire connaître le « jeune aigle » au public. Pour cela il reprend la plume, des années après avoir abandonné sa tribune de critique musical, pour louer « celui qui devait venir ». / September 30, 1853, Robert and Clara Schumann received in Düsseldorf a twenty years old musician: Johannes Brahms, who came from Hamburg, on the recommendation of his friend the violinist Joseph Joachim. Brahms was far from ignoring the works of Schumann, and he had the opportunity to listen Clara, a renowned pianist, playing the repertoire of her husband at a concert in 1850. The reception of Schumann is enthusiastic. The next day, Robert wrote in his diary: ‘Visit of Brahms: a genius!’. He immediately thinks to know the ‘young eagle’ to the public. Tjis is why he took the pen, many years after abandoning its platform music critic for rent ‘one who will come’.

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A l’opposé de Schumann et de Liszt, il laisse peu entrer la littérature dans sa musique instrumentale. Toutefois, Brahms cite en épigraphe un extrait d’un poème de Stemau : « La nuit tombe, la lune brille, il y a là deux cœurs unis par l’amour qui s’enlacent avec béatitude ».Un tendre duo se dessine là où deux voix se rejoignent. La troisième partie est, sans aucun doute, le point culminant du mouvement. On perçoit, dans cet Andante molto plein de noblesse, de confiance et d’abandon, l’écho des chants populaires allemands si chers au cœur de Brahms. Le ton s’élève depuis le mystérieux triple pianissimo jusqu’au fortissimo molto pesante et il s’apaise progressivement pour se terminer en une coda Adagio, déroulant une suite d’accords arpégés. Le Scherzo (Allegro energico) fait penser aux carnavals et aux danses de Schumann. Il allie une grande énergie rythmique et la puissance sonore d’une texture orchestrale. Le trio, très calme, confère au piano des sonorités de choral, aux rythmes hésitants, avant le retour du tourbillon sonore du scherzo. Le quatrième mouvement (Andante molto) sous-titré Ruckblick (« regard en arrière ») s’intitule Intermezzo, terme cher au Brahms de la maturité. En effet, ce mouvement reprend le premier thème de l’Andante espressivo, mais l’ambiance totalement modifiée devient alors sombre et funèbre. On retrouve les timbales battant les coups du destin. D’amères dissonances font présager la fin lugubre, au bord du silence. Le Finale (Allegro moderato ma rubato) est un rondo qui évolue dans une atmosphère très instable, où l’on ressent une influence hoffmannesque (durant cette période, Brahms signait fréquemment ses manuscrits « Kreisler junior », en hommage à Kreisler, héros de son écrivain favori, Hoffmann). En revanche, le choral central, d’une gravité religieuse, rappelle celui du quatrième mouvement (Finale) de la troisième Sonate en Ut Majeur op.2 n°3 de Beethoven. L’exubérance triomphale de la péroraison, parvient à dissiper les ténèbres de cette musique novatrice. Brahms n’avait-il pas confié à un ami que, même s’il savait être joyeux compagnon en société, au plus profond de son être il ne riait jamais.

In oposit to Schumann and Liszt, Brahms leaves the literature entering his instrumental music. However, he cites in an epigraph an excerpt from a poem Stemau: ‘Night falls, the moon shines, there are two hearts united by the love that intertwine with blessedness’. A tender duet emerges where two voices come together. Without doubt, the third part is highest point of the movement. In this Andante molto, full of nobility, trust and abandonment, we can see the echo of German folk songs so dear to the heart of Brahms. The tone rises from the mysterious pianissimo to fortissimo molto pesante, and gradually ending in a coda Adagio, unrolling a series of broken chords. The Scherzo (Allegro energico) is reminiscent of carnivals and dances of Schumann. It combines high rhythmic energy and power sound of an orchestral texture. The very quiet trio gives to the piano sounds of choral rhythms hesitant before the return to the sound whirl of the scherzo. The fourth movement (Andante molto), which is subtitled Rückblick (‘look back’), is entitled Intermezzo, term which is dear to the mature Brahms. Indeed, this movement takes the first theme of the Andante espressivo, but the atmosphere changed completely and becomes dark and dismal. We find the drums blowing the stroke of fate again. Bitter dissonances foretell the dismal end, at the edge of silence. The Finale (Allegro moderato my rubato) is a rondo that evolves in a very unstable atmosphere where we feels the influence of Hoffman (during this time, Brahms frequently signed his manuscripts ‘Kreisler Junior’, a tribute to Kreisler, hero of his favorite writer Hoffmann). However, the religious solemn central chorale is a reminiscence of the fourth movement (Finale) from the third Sonata in C Major op.2 No. 3 by Beethoven. The exuberance of the triumphal peroration, manages to dispel the darkness of this innovative music. Doesn’ Brahms told a friend that even though he knew to be merry companion in society, in the depths of his being he never laughed?

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