Johann Schobert, « paysagiste de l’âme ». Une destinée de météore. Des origines incertaines, une fin tragique. Johann Schobert, un musicien qui n’a pour nous d’autre visage que celui de son œuvre, une vingtaine d’opus ; pour toute biographie que quelques lettres de deux jaloux : le baron Grimm et Léopold Mozart ; pour épitaphe, que l’hommage flatteur d’un musicographe oublié / Johann Schobert, « depicter of the soul ». A brief and brilliant destiny; uncertain origins; a tragic end: that is about all we know of the life of Johann Schobert. He is better-known through his Œuvre, which comprises some twenty opus numbers. His only biography: a few letters from two jealous men, Baron Grimm and Leopold Mozart. His epitaph: the flattering tribute paid by a forgotten musicographer.

 

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Un nom qui prête à l’équivoque du vivant même de celui qui le porte : Schobert sous la plume des contemporains devient parfois Chobert, Schuberth, Schubart, nom sur le O duquel, des années plus tard, le U de Schubert jettera une fâcheuse éclipse. Qui donc est ce Johann Schobert ? Certains ont voulu qu’il fût apparenté au musicien Schubart ; d’autres lui ont prêté une ascendance alsacienne. Mais Grimm, dans une lettre de décembre 1765, nous apprend qu’il est Silésien : « On a donné ces jours-ci un opéra-comique nouveau intitulé Le garde-chasse et le braconnier qui a été sifflé… La musique était de M. Schobert, jeune claveciniste de la musique du prince de Conti. M. Schobert est Silésien. Il est en France depuis cinq ou six ans et il a, ainsi que quelques autres Allemands, miné de fond en comble la réputation des Couperin (Armand-Louis), des Du Phly, des Balbastre, qu’on avait la sottise de regarder comme des joueurs de clavecins avant d’avoir entendu Bach, Mûthel, Eckard, Schoberf, Honnauer et quelques autres… ». Sa naissance a donc été conjecturalement fixée aux alentours de 1740, sans qu’on en connaisse le lieu. L’existence, à la bibliothèque de Bresiau, du manuscrit d’un divertissement édité ultérieurement à Paris par le musicien, donne à penser qu’il a peut-être fait ses études dans cette ville. Nous ne possédons aucune indication sur les circonstances qui l’on amené à Paris, pas plus que sur les étapes qu’il a pu faire en cours de route. Tout au plus suppose-t-on qu’avant de s’installer dans la capitale — on sait, grâce à l’acte de baptême d’un de ses fils qu’il demeurait rue du Temple — il a occupé à Versailles un poste d’organiste qu’il aurait été contraint d’abandonner par suite de négligence. Si l’on en croit Grimm, et à défaut d’autres sources, Schobert s’est fixé vers 1760. Quelle est la vie musicale du Paris de cette époque ? La Querelle des Bouffons n’est pas éteinte. Rameau est un vieux maître attaché à une tradition et à un style que les amateurs d’art lyrique estiment démodés. Il lui reste autant d’années à vivre que le principal représentant de la musique instrumentale, Jean-Marie Leclair, lui, vient de se retirer dans une sinistre banlieue où il mourra assassiné en 1764…

There was doubt about his name even during his lifetime: Schobert was sometimes written Chobert, Schuberth or Schubart by his contemporaries; and some years later the U of Schubert cast an unfortunate shadow over the O of Schobert. So who was Johann Schobert? There have been claims that he was related to the musician Schubart; others believe him to be of Alsatian descent. However/ according to Grimm, he was Silesian. in a letter of December 1765, he wrote: ‘Recently, a new comic opera entitled ie garde-chasse ef Ie braconnier was performed. It was hissed […]. The music was by M. Schobert, a young harpsichordist in the service of the Prince of Conti. M. Schobert is Silesian. He has been in France for five or six years and he and a number of other Germans have utterly ruined the reputation of Couperin (Armand-Louis), Du Phly, Balbastre, who were stupidly considered as harpsichord players before Bach, Muthel, Eckard, Schobert, Honnauer and a few others had been heard…’ It is supposed, therefore, that he was born in about 1740, but we do not know where.The existence in Breslau library of the manuscript of a divertimento which was later published in Paris, leads us to believe he may have studied in that city. We know nothing about the circumstances that took him to Paris nor the places he may have visited on the way. At the very most, it may be supposed that, before moving to the capital (we know from the baptism certificate of one of his sons that he lived in the Rue du Temple), he had a post as organist in Versailles which he was forced to give up as a result of negligence. Going on what Grimm says, and for want of other information, Schobert settled in Paris in about 1760. What was musical life like in Paris in those days? The ‘Querelle des Bouffons’ had still not quite died down. Rameau was an old Master, devoted to a tradition and a style that were considered by opera-lovers to be out of date. He had as many years left to live as the principal representative of instrumental music, Jean-Marie Leclair, who had just retired to sinister suburbs, where he was to be murdered in 1764.  Joël-Marie Fauquet, translation Marie Pardoe

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